MIMI PLAYLIST

Space is the place

Réalisé en 1974 par John Coney sur une B.O. de Sun Ra

Sun Ra – prophète futuriste, philosophe chaman et pianiste de jazz avant-gardiste, fait atterrir son vaisseau spatial à Oakland, présumé disparu dans l’espace depuis des années.
Sun Ra conduit ses compagnons noirs vers une terre nouvelle afin de reprendre en main le cours de leur Histoire. Ainsi, Sun Ra devient l’Archange Saturnien, un descendant du dieu égyptien du Soleil et dont la mission est de prêcher la paix.
Une projection rare dans les salles obscures!!! Un film culte à ne pas manquer!!!
La projection du film sera suivie d’une discussion avec les artistes de la création « Exile All Stars »: Tie (SN), Juice Aleem (UK) et Mike Ladd (USA). 
Remerciements pour la conception des sous-titres en français au collectif Blacks to the Future > blackstothefuture.com

Biographie de Sun Ra

 
Le leader et compositeur avant-gardiste de la troupe, Sun Ra, est décédé 1993 mais Il exerce encore son magnétisme par delà la mort, tel les pharaons de l’Égypte ancienne dont il portait les tenues avec majesté. Sa discographie se compose elle aussi de centaines de fragments, presque tous enregistrés par lui-même.  Œuvre insondable mais aussi indéfinissable dans laquelle on trouve du jazz classique et le free, la musique expérimentale comme la pop… celui qui n’a pas attendu le disco pour porter des paillettes a balayé autant de genres musicaux que de décennies, en gardant toujours une longueur d’avance.
Né en 1914 à Birmingham, Alabama, le musicien qui allait toucher les étoiles s’appelle à l’origine Herman Blount, mais tout le monde le surnomme « Sonny ». Prodige de la musique dès son plus jeune âge, Sonny développe aussi très tôt une conscience et une pensée politiques, alors que l’époque est encore à la ségrégation raciale, qui s’étendra jusqu’à 1960. Refusant de joindre l’armée, il quitte sa contrée natale en 1945 pour s’installer à Chicago. Là-bas, il se procure le tout premier magnétophone en vente aux Etats-Unis, le fameux « Sound Mirror ». Grâce à ce nouvel engin, Sun Ra enregistre les compositions performées par son groupe, qui devient officiellement l’Arkestra en 1955. Herman Blount devient alors Sun Ra, dans une volonté de se défaire d’un prénom qui symbolise pour lui l’héritage de l’esclavage. Une démarche engagée et artistique, deux éléments qui demeureront concomitants dans son œuvre. Varier, c’est un peu la recette de Sun Ra que semble expliquer Joseph Ghosn dans son livre Sun Ra, Palmiers et Pyramides* : entre discipline et improvisation, bases classiques du jazz et sonorités nouvelles des synthétiseurs, musique de la Nouvelle Orléans jumelée à une musique du futur.
En 1957, le jazzman fonde avec Alton Abraham, son compère idéologique, le label El Saturn. Il est l’un des premiers musiciens à éditer lui-même ses disques, d’une manière artisanale et parfois bordélique.
C’est un personnage indépendant tant dans le discours que dans les pratiques artistiques. Un visionnaire pour qui faire de la musique, c’était tout simplement croire et exister.
Extrait de l’article « Sun Ra » de Gonzaï 
A lire:
– * Sun Ra, Palmiers et Pyramides, Joseph Ghosn, Edition Le mot et le reste, 2014 
– Afrofutures and Astro Black travel: A passport to melanated futures, Juice Aleem, CreateSpace Independent Publishing Platform, 2016 

Cinéma Le Gyptis

Le 11/09 à 20h

Sur place uniquement : 6€ (plein tarif) / 5€ (bénéficiaires du RSA, chômeurs et étudiants) / 2,5€ (moins de 20 ans)

136, rue Loubon

13003 Marseille